Beauford Delaney, logo, as imagined by Doug

Beauford Delaney



© Photos : Helga Strobl

Hommage à Beauford Delaney

C’était en novembre ou décembre 1968 que je faisais la connaissance de Beaufort Delaney au café Sélect au Montparnasse à Paris, pendant que je faisais une petite sieste le matin après une nuit blanche.
Il était assis à coté de moi et il m’a réveillé parce que je ronflais trop. Comme j’étais juste arrivé en France je ne parlais qu’un français élémentaire et nous avons toute de suite commencé une conversation en anglais. Après quelques verres de vin rouge j’ai appris de lui qu’il était venu à Paris dans les années 50 pour une tournée d’Europe qu’il n’avait jamais faite mais qu’il était resté à Paris. Aussi qu’il était peintre et avait fait des portraits de beaucoup de célébrités comme Louis Armstrong, Henry Miller, James Baldwin. Comme je n’avais que 17 ans je connais ces célébrités de nom ou par la lecture et cela m’impressionnait énormément. Comme je n’avais pas beaucoup d’argent il m’a proposé ce jour là de prendre le déjeuner avec lui dans un restaurant Milles Colonnes ou on servait des menus à bas prix. (Il existe toujours mais est devenu un restaurant chic.) C’était un endroit fréquenté par tous les peintres, écrivains, philosophes et Beaufort les connaissait presque tous. C’était comme ça que je suis entré dans le monde artistique et intellectuelle de Montparnasse de l’année 68.

J’y habitais une chambre de bonne on se voyait pendant plusieurs années presque chaque semaine pour quelques verres de rouge, qu’il adorait à prendre en compagnie. Il m’a amené plusieurs fois dans son atelier rue Vercingetorix, à coté de la gare Montparnasse. Je me rappelle très bien quand je suis entré la première fois que même s’il n'était pas très grand qu’il était assez haut comme atelier d’artiste et l’atelier était plein de plantes, presque comme un jungle. La lumière entrait par le toit en verre et était filtré par les plantes. Quand je lui demandais pourquoi les plantes étaient tellement immenses, il m’a dit que quelqu’un les lui avait données toutes petites et il ne faisait que les arroser de temps en temps, elles poussaient d’elles-mêmes. Aujourd’hui je peux dire que c’était un miroir de son cœur, tellement grand et de son âme tellement tolérante et généreuse. Il m’a montré tous les tableaux. Les plus fascinants pour moi étaient ses compositions abstraites en couleurs. Les portraits étaient dans un style très naïf et trop gentils pour mon goût. Il ne pouvait jamais s’imaginer que quelqu’un pourrait être de mauvaise foi. Il ignorait toutes les caractéristiques négatives des hommes ou de l’humanité entière. Dans cet aspect de la peinture figurative il était le contraire de Francis Bacon.

En été 71, j'habitais un appartement au 7ème étage bd. du Montparnasse avec un balcon tout le long de l’appartement. Après une soirée de jazz au American Center, bd. Raspail, j'invitais Beauford et quelques musiciens à prendre un verre chez moi. Vers 6 h 30 au lever du jour, les musiciens et Beaufort décidaient de réveiller Paris avec un concert de Jazz. Le balcon était long mais pas large et ils s’alignaient, un trompettiste, un cornettiste, Beaufort au milieu, un guitariste et un batteur qui jouait avec du bois sur la grille en fer du balcon. c C'était la première fois que j’entendais Beaufort chanter avec une voix tellement douce et admirable que l’on peut seulement trouver chez des enfants dans les chorales baptistes à New Orléans. Les fenêtres dans les alentours s’ouvraient toutes et les gens applaudissaient malgré d’être réveillés trop tôt. Le concert a durée une demi heure ou plus.

Nous sommes devenus des vrais amis malgré la différence d’âge: il aurait pu être mon grand père. Malgré mes voyages un peu partout dans le monde nous nous sommes toujours retrouvés jusqu’à son hospitalisation en 1975. Je regrette aujourd’hui de ne pas lui avoir rendu visite pendant ses derniers années qu’il a passé à l’hôpital Saint Anne à Paris. Pour mon premier mariage il m’a offert les deux tableaux que je vous présente ici et qui m’ont accompagné depuis 34 ans.

C’est à cause de lui, que je commençais à peindre et que je faisais l’Ecole des Beaux Arts. Il était mon premier et donc le plus important critique d’art.

Douglas de Petrovic

Beauford Delaney

1901 Naissance à Knoxville, Tennessee, Ecole des Beaux Arts de Boston et de Cambridge, Massachusetts
1929 s'installe à New York. Nombreuses portraits au fusain et au pastel des musiciens de jazz tels Duke Ellington, Louis Armstrong et Marian Anderson.
1940 Amitié avec James Baldwin et Henry Miller, réalisation de plusieurs portraits d'eux.
1953 Installation à Paris, ou il reste jusqu'à sa mort en 1979.

1901 Born at Knoxville, Tennessee. Art studies in Boston and in Cambridge, Massachusetts
1929 Moves to New York. Creates a number of paintings of his friends and of jazz musiciens like Duke Ellington, Louis Armstrong, Marian Anderson.
1940 Friendship with James Baldwin and Henry Miller, many portraits of them.
1953 Goes to Europe, where he stays in Paris until his death in 1979.

1901 Geboren in Knoxville, Tennessee; Kunststudium in Boston und in Cambridge, Masssachusetts
1929 Übersiedlung nach New York, wo er zahlreiche Portraits seiner Freunde und von Jazzmusikern wie Duke Ellington, Louis Armstrong, Marian Anderson ausführt.
1940 Freundschaft mit James Baldwin und später mit Henry Miller; verschiedene Portraits dieser beiden entstehen.
1953 Geht nach Europa, lebt in Paris bis zu seinem Tod 1979.

Expositions personnelles:

1930 Harlem Library, New York
1932 42nd Street Library, New York
1938 8th Street Playhouse Art Gallery, New York
1941 Vendôme Gallery, New York
1950 University of Maine, Orlando
1951, 1952, 1953 Roko Gallery, New York
1955 Galerie Clan, Madrid
1956 Galerie Prisme, Paris
1960 Galerie Facchetti, Paris
1961 Centre Culturel Américain, Paris
1965 Galerie Lambert, Paris
1973 Galerie Darthea Speyer, Paris
1978 The Studio Museum, Harlem
1988, 1991 Philippe Briet Gallery, New York
1992 Galerie Darthea Speyer, Paris
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2000 "Basking in the Glow: Beauford Delaney's Art Shines", Studio Museum in Harlem, New York, USA
2003 "Beauford Delaney: The Color Yellow", Harvard University Art Museums, Cambridge, Masachusetts, USA
"Les Oeuvres sur Papier de Beauford Delaney", Le Musée d'Art Américain de Giverny, France
2004-2005 "Beauford Delaney: From New York to Paris", The Minneapolis Institute of Arts, Minneapolis, Minnesota, USA

Principales Expositions de Groupe

1930 Whitney Studio Gallery, New York
1939 The C Gallery, Washington, DC
1950 Whitney Museum, New York
1954, 1960, 1963 Salon des Réalités Nouvelles, Paris
1956 Groupe de la Galerie Arnaud au Musée Iserlohn, Allemagne
1957 Groupe de la Galerie Facchetti à Bordighera, Italie
 University of Wisconsin, U.S.A.
1958 Musée de Leverkusen, Allemagne
1959, 1962 Groupe à la Galerie Breteau, Paris
1960 Antagonisme, Musée des Arts décoratifs, Paris
1961 Lincoln Gallery, London
Centre Culturel Américain, Paris
1962 Carnegie Institure, Pittsburgh, Pennsylvanie
1963 Musée Cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
1964 Galerie Internationale d'Art contemporain, Paris
 Den Frie, Copenhague
1966 Galerie A., Paris
1967 L'Age du Jazz, Musée Galliera, Paris
1972 Hommage à Henry Miller, Centre Culturel Américain, Paris
1976 Hommage à Julien Alvard, Château de Anzy-le-Franc
1981 Le Clair et l'Obscur, Musée d'Evreux
1990 Against the Odds. Newark Museum, Newark, New Jersey
1991 FIAC, Paris, Stand Darthea Speyer
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1996 "Explorations in the City of Light: African-American Artists in Paris", 1945-1965, Studio Museum in Harlem, New York, USA
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